Jean Baptiste Monnoyer (1636-1699)
Nature morte à la corbeille en osier remplie de roses mousseuses, de tulipes, d’anémones doubles, de jonquilles et d’autres fleurs, posée sur une console en pierre recouverte en partie par un tapis de brocart et une tige d’orchidée posée à même la console.
Le motif de la corbeille en largeur est rare chez Jean-Baptiste MONNOYER. Il se rattache pourtant clairement à ses propres suites gravées et notamment à celle que ROBERT-DUMESNIL intitule Les Grandes Corbeilles en largeur. Le tableau nous offre en effet la même corbeille tressée largement, le même cadrage, la même disposition des fleurs ainsi que les mêmes variétés, et, enfin, la même console sobrement moulurée que l’on voit au sein de cette remarquable suite. Le tableau ne reproduit pas pour autant l’une des estampes elles-mêmes, mais réinterprète, selon la méthode que Jean-Baptiste MONNOYER emploie vraisemblablement à partir de la moitié des années 1670, l’assemblage des différents motifs tirés de ses propres compositions dans un ordonnancement nouveau.
De la toile ici étudiée, peut-être un dessus-de porte, nous connaissons une variante : la Nature morte à la corbeille remplie de fleur et tige d’hyacinthe, huile sur toile, h. 64 ; l. 81,3 cm, signée, localisation actuelle inconnue (Provenance : Rayner MacConnell Galleries, Londres ; Galerie Sanct Lucas, Vienne, 1980/81 ; South Kensington, vente Christie’s, 19 avril 2002, lot 130 (attr. à J.B. Monnoyer) ; Galerie Hurtebize, Cannes ; 2003 Collection particulière Nice. Bibliographie : Connoisseur, Juillet 1962 ; PAVIERE, Jean-Baptiste Monnoyer (1634 – 1699), Leigh-On-Sea, 1966, p. 23, n° 98, pl. 23 (J.B. Monnoyer). De cette dernière composition nous connaissons également une réplique, probablement peinte avec la participation d’Antoine Monnoyer (1671 –1747) : il s’agit de la Nature morte à la corbeille remplie de fleurs posée sur une console et tige d’hyacinthe, huile sur toile, h. 65,4 ; l. 94 cm, localisation actuelle inconnue (Provenance : South Kensington, vente Christie’s, 24 novembre 2013, lot 38 (Cercle de J.B. Monnoyer) ; Kunsthistoricher, Unterleinleiter en 2014 (J.B. Monnoyer et A. Monnoyer).
La composition que nous examinons ici se distingue des deux toiles mentionnées précédemment par une tige d’orchidée qui remplace la tige d’hyacinthe posée à même la console sur la droite, ainsi que par la présence d’un tapis de brocart recouvrant le coin droit de la console et peint vraisemblablement par un collaborateur.
CHRONOLOGIE
La façon dont les fleurs se détachent contre le fond en insistant sur un déploiement bidimensionnel de la composition que Jean-Baptiste MONNOYER obtient à la fois en dégageant les fleurs les unes des autres et en évitant, généralement, de les superposer, est caractéristique de toute sa production. Le tableau se rattache cependant plus spécifiquement à ceux que Jean-Baptiste MONNOYER peint dans la dernière décennie de son activité. En effet, la représentation de la fleur de Sureau et de l’orchidée commune (Dactylorhiza fuchsii ?) sont des motifs que Jean-Baptiste MONNOYER peint exclusivement dans ses tableaux plus tardifs. De même, l’anémone double bleu retombant sur le devant de la corbeille se retrouve dans cette posture et dans cette exacte nuance dans un autre tableau, représentant une Corbeille remplie de fleurs posée sur une margelle en pierre, huile sur toile, h. 43 ; l. 96 cm, Boughton House, Kettering, The Duke of Buccleuch and Queensberry (Publié dans S. PAVIERE, Jean-Baptiste Monnoyer (1634 – 1699), Leigh-On-Sea, 1966, p. 21, n° 58 (J.B. Monnoyer). Le tableau que nous venons de mentionner, comme celui, également à Bougthon House, représentant à nouveau une Corbeille remplie de fleurs posée sur une plinthe, huile sur toile, h. 99 ; l. 87 cm, Boughton House, Kettering, The Duke of Buccleuch and Queensberry (Publié dans S. PAVIERE, Jean-Baptiste Monnoyer (1634 – 1699), Leigh-On-Sea, 1966, p. 19, n° 40, pl. 51) dans lequel apparaît la tige d’orchidée en épi, datent certainement de la dernière période puisqu’ils proviennent de l’ensemble de dessus de porte que Jean-Baptiste MONNOYER exécuta avec ses collaborateurs pour Lord Montaigu (Voir C. SALVI, Jean-Baptiste Monnoyer (1636 – 1699) Peindre des fleurs et des fruits à l’âge classique, thèse de doctorat inédite sous la dir. d’Olivier Bonfait, Aix-Marseille Université, 2016).
Par conséquent, conformément à notre analyse, la composition ici examinée a été réalisée dans la dernière décennie du XVIIe siècle.
Provenance
With Leggatt Brothers, London 1929 ; with Rihard Green London where purchased by the present owners
Publications
un certificat de Madame Claudia SALVI sera remis à l'acquéreur
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